Apnées du sommeil
Il est prouvé que les troubles respiratoires nocturnes, en particulier le ronflement et l'apnée du sommeil, sont causes d'un mauvais sommeil. Le ronflement est souvent mal accepté par le ronfleur lui-même, d'abord parce qu'il ne s'entend pas, ensuite parce qu'il apprend son "infirmité" par ceux qui en subissent les conséquences et expriment leur exaspération.
Outre que le ronflement est souvent à l'origine de problèmes conjugaux, le ronfleur a été historiquement l'objet d'un ostracisme social en raison des risques qu'il faisait courir à la communauté. C'est pourquoi aujourd'hui encore cette affection demeure un sujet tabou. Le ronfleur n'aime pas avouer qu'il ronfle, d'autant moins qu'il est l'objet d'incessantes railleries de la part de ses proches, ce qui ajoute de la honte à son sentiment de solitude.
L'apnée du sommeil est la survenue d'interruptions respiratoires d'au moins 10 sec. et au minimum 5 fois par heure. Il s'agit d'asphyxies épisodiques, d'une fragmentation pathologique du sommeil qui a une incidence désastreuse sur l'organisme et sur l'espérance de vie, surtout si les interruptions respiratoires se produisent plus de 20 fois par heure.
· Apnée du sommeil
Le Syndrome d'Apnées/Hypopnée du Sommeil (SAHS) est une pathologie du sommeil provoquant des diminutions ou des arrêts du flux respiratoire. Les causes sont diverses mais le plus souvent de natures obstructives. On parle alors de Syndrome d'Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS). Elles peuvent être aussi de nature nerveuse. On parle de Syndrome d’apnées Centrales du Sommeil (SACS). Les conséquences de ces apnées sont une diminution du taux d’oxygène dans le sang et souvent un réveil du sujet.
La fréquence dans la population est estimée entre 0.5 et 5%. Ce chiffre s'élélèverai à 45% chez les personnes souffrant d'hypertension.
Le syndrome de Pickwick avait déjà été décrit en 1956 (syndrome obésité-hypoventilation). Ce n'est que depuis 1981 qu'il existe un traitement efficace, la ventilation en Pression Positive Continue (PPC).
Les facteurs favorisant les apnées du sommeil sont :
- - sexe masculin,
- - âge (maximum à 60-70 ans)
- - surcharge pondérale (androïde)
- - prise d'alcool avant le coucher
- - médicament induisant un relâchement musculaire
- - asthme et autres symptômes respiratoires
- - fumer
- - obstruction nasale saisonnière ou non
- - ethnie
- - similitude anatomique familiale
- - certaines maladies endocrines (hypothyroïdie, acromégalie, Cushing, diabète)
Les traitements contre l'apnée du sommeil sont :
• Les mesures hygiéno-diététiques (perte de poids, arrêt de la consommation d’alcool ou de sédatifs) ; une efficacité incomplète et transitoire.
• Les traitements positionnels visant à empêcher le décubitus dorsal au cours du sommeil (efficaces chez une petite partie des patients seulement).
• L'application nocturne d’une pression positive continue (PPC) par voie nasale.
• La Trachéotomie ( constamment efficace).
• D'autres traitements chirurgicaux.
• Les traitements médicamenteux (antidépresseurs stimulants dont les tricycliques…).
• Les traitements instrumentaux (orthèses d’avancement lingual ou mandibulaire, sondes d’intubation naso-trachéale, dilatateurs narinaires).
· Ronflement
Le ronflement est le résultat d'une vibration des tissus mous naso-pharyngés, intéressant le voile du palais, la base de la langue, et les parois pharyngées. Au-delà de 40 ans, 60% des hommes et 40% des femmes ronflent un peu, épisodiquement. Mais seulement 25% des hommes et 15% des femmes souffrent d’un ronflement important pathologique, ou ronchopathie. Les ronflements sont favorisés par la fatigue, la prise vespérale d'alcool ou de tranquillisants. Une personne obèse a une probabilité plus importante de ronfler. Outre l'aspect anecdotique et banal de ce symptôme, celui-ci peut masquer une autre pathologie beaucoup plus sérieuse, les apnées du sommeil.
Les traitements anti-ronflements sont :
• L'amaigrissement : Il sera toujours préconisé devant une surcharge pondérale. La réduction du volume de la base de langue et des tissus pharyngés améliorera toujours le passage de l'air.
• La chirurgie : L'intervention chirurgicale la plus courante consiste à dégager le pharynx en sectionnant le bord du voile du palais et la luette. Lorsqu'elles sont présentes, les amygdales sont également enlevées. C'est la classique Uvulo-Pharyngo-Plastie ou UPP. Cette chirurgie est proposée pour le ronflement lorsque les apnées sont peu fréquentes (I.A. inférieur à 20/25) et n'entraînent pas de gêne fonctionnelle ou de retentissement importants. Cet acte, douloureux, est efficace lorsque l'indication opératoire est bien posé, en particulier lorsque le rétrécissement pharyngé est important. L'intervention pratiquée sous anesthésie générale entraîne une indisponibilité d'une quinzaine de jour du fait de la douleur et de la difficulté d'alimentation.
• Le Laser : D'autres techniques de traitement du ronflement ont vu le jour ces dernières années comme le traitement par Laser qui permet de vaporiser seulement la luette et le voile du palais, laissant en place les amygdales. Cet acte qui s'effectue en plusieurs séances sous anesthésie locale est également douloureux. Il est moins efficace que la chirurgie classique.
• La radiofréquence : Plus récente encore, le traitement par radiofréquence consiste à cautériser et à durcir le voile du palais à l'aide d'une aiguille envoyant un faisceau localisé de micro-ondes. Moins agressif mais malgré tout douloureux, ce traitement n'a pas encore démontré une très grande efficacité, du moins à moyen ou long terme.
• La prothèse d'avancée mandibulaire : Il s'agit d'une double gouttière dentaire qui permet d'avancer la mâchoire inférieure pendant le sommeil. La langue est ainsi décollée de la paroi postérieure et libère le passage de l'air. Ce système est efficace mais présente des problèmes de tolérance à long terme, du fait de la déstabilisation de l'articulation temporo-mandibulaire. Cette prothèse est proposée en standard ( environ 90 euros en pharmacie). La première mise en place nécessite un chauffage dans l'eau afin d'obtenir un ramollissement partiel de la matière plastique pour obtenir une bonne adaptation à la denture. D'autres modèles sont réalisés sur mesure par les dentistes ou les stomatologistes. Ils sont alors parfaitement adaptés, mais leur prix (800 euros) est beaucoup plus élevé. Il n'y a pas de prise en charge par la sécurité sociale pour ce type de prothèse.
• La Canule Souple Oropharyngée ou C.S.O. "Capax" Il s'agit d'un système simple, dérivé de la canule de Guedel utilisée en anesthésie, lors du réveil, pour éviter que le patient "n'avale sa langue". Cette prothèse empêche le blocage du passage de l'air vers le larynx par la base de la langue. Elle est constituée d'un tube souple en silicone qui est placé dans la bouche. Un filtre extérieur permet de débarrasser l'air des poussières et de l'humidifier. Un élastique tient le filtre et maintien le tube souple dans la bouche pendant le sommeil. L'air passe alors librement jusqu'au larynx, sans bruit et sans blocage. Cette prothèse simple est efficace dans le ronflement et les apnées. Seule la tolérance, liée aux réflexes nauséeux possibles, peut poser problème. Largement utilisée chez les ronfleurs, ce système est encore en évaluation pour le traitement des apnées.
• Dormir sur le côté, ou mieux, sur le ventre : le fait de dormir sur le dos amène la langue vers l'arrière du palais, réduisant ainsi l'espace pour le passage de l'air. Pour l'éviter, on peut placer une petite balle dans le dos du pyjama ou se procurer un t-shirt antironflement. Le changement de position ne peut pas faire disparaître un ronflement majeur, mais peut effacer un ronflement modéré.
• Les autres solutions proposées : Les spray buccaux ou nasaux à base d'huile ou d'autres produits "naturels" ont surtout un effet psychologique et placebo. Leur large diffusion repose surtout sur des considérations marketing.
Les bandelettes nasales ou écarteurs narinaires n'améliorent que l'entrée de l'air au niveau des narines mais ne traitent en aucun cas le ronflement.
Les oreillers anti-ronflements ou tout autre système de maintien en hyper extension peuvent avoir une certaine efficacité en améliorant le passage de l'air. Les stimulateurs électriques de poignets ou autres appareils électroniques qui détectent les ronflements et réveillent le ronfleur contribuent à perturber, s'il en était encore besoin, le mauvais sommeil du ronfleur.



