< Les troubles du sommeil: retrouvez une bonne nuit de repos

Troubles du sommeil

Il existe différentes pathologies du sommeil : on distingue plusieurs formes de dysfonctionnement du sommeil, selon leurs manifestations et l'état de veille du sujet.

L'âge et l'état de santé du sujet, l'absorption de substances médicamenteuses ou d'excitants, les conditions climatiques et de luminosité, la relation du sujet à l'espace et au temps, sont autant de causes potentielles des insomnies.

· Parasomnies

Les parasomnies sont des pathologies psychologiques qui se manifestent pendant le sommeil profond. Les parasomnies sont :

· Cauchemars : manifestations anxieuses et angoissantes survenant pendant le sommeil. Comme le laisse suggérer l'historique des données médicales sur le cauchemar, la situation aujourd'hui est tout aussi flou sur la symptomatologie et l'origine des cauchemars.

Cependant, pour les personnes souffrant de cauchemars chroniques, certains psychologues recommandent l'apprentissage du rêve lucide pour apprendre à reconnaître l'état de rêve et se débarrasser de sa peur.

· Terreurs nocturnes : manifestations anxieuses et angoissantes survenant pendant le sommeil. À la différence du cauchemar qui est un rêve normal et qui a lieu pendant la phase de sommeil paradoxal, la terreur nocturne est l'équivalent d'une attaque de panique, mais nocturne, pendant la phase de sommeil profond. Le rêveur ne s'en souvient pas lors de son réveil.

Elle ne semble pas s'intégrer dans une histoire et elle est plutôt faite de caractéristiques physiques telles que la transpiration, la tachycardie, difficultés à respirer, sensation de poids sur la poitrine, obnubilation, agitation, cris. Le retour à la conscience normale est plus ou moins long, et le rêveur peut se rendormir comme si rien n'était.

· Somnambulisme : pathologie du sommeil d'origine neurologique. Il se traduit par un comportement moteur survenant lors d'un éveil incomplet en sommeil lent profond. Généralement limité à des déambulations dans le lieu d'habitation, il peut toutefois conduire à des actes plus dangereux pour le sujet (sortie, défenestration) ou pour d'autres individus (conduite d'un véhicule, comportements violents, voire homicide).

Ils semblent être éveillés, et ont les yeux ouverts. Ils sont capables de répondre à des ordres ou à des questions par oui ou non. Ils semblent toutefois ennuyés par les questions et ils s’irritent si l’interrogatoire est trop long. Lorsqu’on les réveille, ils sont confus et mettent un peu de temps avant de reprendre leurs esprits. Près du tiers des somnambules réagissent de façon agressive. La personne n’a aucun souvenir de ce qu’elle a fait, pas même de s’être levée pendant la nuit. La plupart du temps les épisodes sont courts (quelques minutes et parfois jusqu’à 30min). Une croyance populaire veut qu'il ne faut pas réveiller un somnambule. Dans les faits il n'y a aucun danger à le réveiller. Il peut seulement être désorienté ou embarrassé. En tout cas, mieux vaut le réveiller que de lui permettre de se mettre en danger.

En tant que maladie, le somnambulisme peut être traité :

  • - Dans les cas simples, il faut chercher à supprimer les causes tel que le manque de sommeil, le stress et éviter les exercices violents en soirée. Ils doivent également dormir à des heures régulières et adapter l’environnement : dormir au rez-de-chaussée ou verrouiller la porte de sa chambre.
  • - Si les crises se manifestent trop souvent, les médecins peuvent prescrire des benzodiazépines, du diazepam ou du lorazepam, qui suppriment les crises en éliminant les phases du sommeil profond. Mais l’efficacité de ces benzodiazépines se limitent au début du traitement, il s’en suit un phénomène d’échappement.
  • - On peut aussi utiliser l’hypnose avec un thérapeute: les résultats semblent efficaces. Si des troubles psychologiques surviennent après les crises, il est préférable de consulter un médecin psychiatre.
· Somniloquie : Fait de parler en dormant. C'est un phénomène relativement courant qui a lieu durant la phase de sommeil paradoxal. Ce phénomène n'atteint pas la conscience, ce sont des manifestations automatiques.

· Bruxisme : Grincement de dents ou bruxisme qui toucherait 5 à 6 % des français. L’importance du grincement augmente en fonction du stress ressenti durant la journée et une corrélation positive entre le bruxisme et l'anxiété, l'hostilité ou encore l'hyperactivité a été mise en évidence chez les étudiants, notamment à l'approche des examens. De plus les bruxomanes seraient plus introvertis, supportant moins la frustration. Les traitements sont difficiles. On peut porter une gouttière pendant la nuit, qui absorbe les forces trop importantes. On peut aussi faire des séances de relaxation.

Deux types de bruxisme existent :

  • - Le bruxisme centré revient simplement à serrer fort ses dents, sans bouger. Ce type de mouvement peut entraîner parfois des douleurs musculaires de la mâchoire, semblables à des courbatures, au réveil.
  • - Le bruxisme excentré est, lui, plus gênant, à la fois pour la personne qui dort à vos côtés, et pour la santé de vos dents : il s'agit de grincements de dents avec déplacements de la mâchoire, comme si la personne mastiquait dans le vide.

· Enurésie : miction normale, nocturne, involontaire et inconsciente chez l'enfant de plus de cinq ans. L'énurésie est due à un sommeil trop profond ou une mauvaise maturité du réflexe vésical de miction ou à un trouble psychoaffectif . Dans de rares cas, l'énurésie est le symptôme d'une malformation de l'appareil urinaire. l'énurésie est primaire si l'enfant a toujours mouillé son lit, secondaire si une période propreté de 6 mois a été observée, dans ce cas c'est presque toujours un trouble psycho affectif.

Conseils :

  • - Miction systématique avant le coucher.
  • - Éviter de boire deux heures avant le coucher.
  • - Gymnastique des sphyncteres la journée : se retenir et uriner 5 secondes arrêter 5 secondes reprendre etc.
  • - Tenue par l'énurétique d'un calendrier de propreté, dialogue avec les parents et le médecin de famille.
  • - Encouragements au lieu de réprimandes et punitions, empêcher la fratrie de se moquer.
  • - Participation de l'enfant au nettoyage.
  • - Cures d'eau saline avec coupure du milieu familial.
  • - Desmopressine (hormone antinatriurétique).

· Ronflement : résultat d'une vibration des tissus mous naso-pharyngés, intéressant le voile du palais, la base de la langue, et les parois pharyngées.

· Myoclonies hypnagogiques : contraction musculaire rapide, involontaire, de faible amplitude, siégeant à l'ensemble du muscle ou localisé à un faisceau musculaire.

· Troubles du comportement en sommeil paradoxal : absence de rêves ou au contraire rêves trop intenses...

· Dyssomnies

Les dyssomnies sont des pathologies physiologiques qui interviennent durant l'état de veille du sujet. Les dyssomnies regroupent :

· Narcolepsie : affection neurologique grave caractérisée par quatre symptômes dont le principal est la présence quotidienne d'épisodes irrésistibles de sommeil et un désordre du sommeil général. La cataplexie (voir ci-dessous la définition) n'est pas un symptôme présent chez tous les narcoleptiques. La prévalence de la cataplexie est d'environ 80% des narcoleptiques. La narcolepsie touche deux fois plus d'hommes que de femmes. Elle fait son apparition dans la plupart des cas soit à l'adolescence soit vers la quarantaine.

Les symptômes de la narcolepsie forme un ensemble appelé "tétrade" :

- Hyper somnolence diurne : la caractéristique principale de la narcolepsie est une hyper somnolence diurne, due à des accès irrépressibles de sommeil survenant plusieurs fois par jour et durant de quelques secondes à 30 minutes, parfois plus, et parfois dans des situations délicates (file d'attente dans un magasin, voyage en train ou dans un transport en commun urbain, activité au bureau...) voire dangereuses (traversée de la rue, conduite d'une auto ou d'une moto, utilisation d'un outil de bricolage ou professionnel, cuisine, bain d'un bébé...). Ces fluctuations continuelles et importantes de la vigilance s'accompagnent de difficultés d'attention et parfois de troubles momentanés de la mémoire. Elles peuvent entraîner des automatismes (phrases sans sens, rangements d'objets dans des endroits insolites, perte continuelles de clés ou de sacs à main, conduite d'une voiture dans un endroit imprévu, rêves éveillés inopinés... et parfois compromettants...)

- Cataplexie : perte brusque du tonus musculaire sans altération de la conscience et survenant à un moment quelconque de la journée. Elle peut toucher quelques muscles seulement (chute de la tête, impossibilité d'articuler la mâchoire et donc de s'exprimer verbalement, dérobement des genoux, effondrement des épaules) ou être beaucoup plus globale... entraînant la chute du malade au sol. Ces épisodes sont typiquement déclenchés par une émotion : surprise, plaisir, rire ou colère. Le malade ne perd pas connaissance. Il est parfaitement éveillé, et ses perceptions sensorielles sont parfaitement conservées, mais il reste cependant incapable de réagir à toute stimulation. Seuls les muscles automatiques vitaux (coeur, poumons, reins, système digestif...) et les yeux restent en activité. Ce qui a momentanément disparu c'est tout le tonus musculaire nécessaire au maintien du corps. Le sentiment d'impuissance vécu par le malade en cataplexie est parfois la source d'une panique intérieure qui maintient la cataplexie. Généralement la cataplexie ne prend fin que lorsque cesse l'émotion qui l'a causée ou qui la maintient. Mais certaines cataplexies semblent survenir sans la présence d'une émotion.

- Hallucinations lors de l'éveil (hypnopompiques) ou lors de l'endormissement (hypnagogiques). Hallucinations qui peuvent être si effrayantes que les malades développent une véritable hantise de se coucher. Elles peuvent être visuelles, auditives ou kinesthésiques (sensations de toucher ou de déplacement). Ces hallucinations narcoleptiques ne se produisent jamais en dehors de ces phases d'endormissement ou de réveil et se distinguent clairement des hallucinations dont l'étiologie est psychiatrique ! Les hallucinations narcoleptiques ont une fréquence très variable, leur survenue étant généralement assez espacée, à raison de rarement plus d'une par quinzaine ou par mois. Et leur durée se chiffre en général en secondes.

- Paralysies du sommeil survenant lors de l'endormissement ou du réveil du malade : la personne est consciente mentalement mais est dans l'impossibilité d'agir physiquement pendant plusieurs secondes à plusieurs minutes. La situation est identique à une cataplexie mais ici elle commence ou termine un sommeil. Les paralysies du sommeil sont de fréquence très variable dans la vie du malade, comme les cataplexies. Certains malades ont des paralysies assez fréquentes, d'autres plutôt rares. Certains n'en connaissent jamais. A noter que des paralysies du sommeil peuvent se produire simultanément à des hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques, produisant alors un état d'angoisse profond et extrêmement traumatisant, avec des accès de panique d'autant plus sévères que tout mouvement est impossible ! La durée d'une paralysie du sommeil se chiffre généralement en secondes et dépasse rarement deux ou trois minutes.

Les traitements de la narcolepsie sont :

Les traitements existants à ce jour visent seulement l'apaisement des symptômes et non la cause (quasi inconnue).

Contre le symptôme de l'hyper somnolence les traitements actuels sont des molécules éveillantes comme le modafinil (Modiodal®) ou stimulantes comme le méthylphénidate (Ritaline® en France, Rilatine® en Belgique), ou la méthamphétamine.

Contre le symptôme de la cataplexie ce sont essentiellement des molécules ayant un rôle inhibiteur de la re-capture de la noradrénaline et/ou de la sérotonine et/ou de la dopamine. Donc des médicaments connus par ailleurs pour leur rôle antidépresseur (clomipramine, imipramine, ou protryptiline, venlafaxine).

· Apnée du sommeil : Le Syndrome d'Apnées/Hypopnée du Sommeil (SAHS) est une pathologie du sommeil provoquant des diminutions ou des arrêts du flux respiratoire. Les causes sont diverses mais le plus souvent de natures obstructives. On parle alors de Syndrome d'Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS). Elles peuvent être aussi de nature nerveuse. On parle de Syndrome d’apnées Centrales du Sommeil (SACS). Les conséquences de ces apnées sont une diminution du taux d’oxygène dans le sang et souvent un réveil du sujet. La fréquence dans la population est estimée entre 0.5 et 5%. Ce chiffre s'élèverai à 45% chez les personnes souffrant d'hypertension. Le syndrome de Pickwick avait déjà été décrit en 1956 (syndrome obésité-hypoventilation). Ce n'est que depuis 1981 qu'il existe un traitement efficace, la ventilation en Pression Positive Continue (PPC).

· Insomnies : Les insomnies, ou absence de sommeil, sont les troubles les plus fréquents (deux personnes sur dix) : elles se manifestent par une incapacité involontaire du sujet à s'endormir. Ce trouble peut avoir pour cause Un dérèglement de l'horloge biologique, les conditions climatiques, une absorption médicamenteuse, l'âge, la peur, l'angoisse, le stress ou encore l'anxiété et déboucher sur une dépression. L'insomnie peut être également un symptôme de l'hypomanie.

Les troubles du sommeil des plus courants causant l'insomnie sont :

- Apnée du sommeil

- Syndrome des jambes sans repos ou "impatiences" - Ces symptômes sont souvent décrits comme étant des sensations tactiles imposants le mouvement des membres concernés. La personne bougera donc dans son sommeil dans le but de faire disparaître cette sensation, engendrant un manque de sommeil. Heureusement, les traitements actuels sont efficaces à 90%.

- Décalage horaire - Pour ceux qui voyagent régulièrement dans divers fuseaux horaires, le cycle d'ensoleillement n'est plus en accord avec les rythme biologique. Il en résulte un décalage des périodes de sommeil (voir Nycthémère).

- Parasomnie - Ces troubles ont pour cause une réponse physique des rêves.

De nombreux insomniaques comptent sur des somnifères ou autres sédatifs pour essayer de se reposer. D'autres utilisent des herbes comme la valériane, la camomille, la lavande, le houblon ou de la passiflore. Certains remèdes contre l'insomnie incluent de boire du lait chaud avant d'aller se coucher, de prendre un bain chaud le soir, de pratiquer de l'exercice physique une demi-heure dans l'après midi, de manger léger le soir trois heures avant le coucher, d'éviter les produits excitants le soir, de se lever tôt le matin et de se coucher tôt également.

Bien que ces remèdes semblent non scientifiques, ils peuvent être suffisant pour briser un cycle d'insomnie sans avoir à recourir à des somnifères. Le lait chaud contient un haut niveau de Tryptophane, sédatif naturel. L'usage de l'herbothérapie, notamment celui d'huile de lavande ou d'huiles essentielles, peut aussi procurer une sensation de repos.

La catégorie d'hypnotiques la plus prescrite en cas d'insomnie est la Benzodiazépine.

Un bon état de relaxation est une bonne manière d'obtenir un sommeil de qualité. Les techniques de relaxation comme la méditation sont reconnues pour leur efficacité. Elles atténuent le stress physique et mental et aident à un sommeil plus reposant.

La majorité des troubles du sommeil, même d'aspect chronique, sont améliorés ou guéris par des mesures d'aménagement du sommeil et une utilisation courte ou intermittente d'hypnotiques.